You and I are gonna live forever

La reformation d’Oasis pour Tanguy, c’est un peu comme si les L5 se reformaient, mais pour des gens qui aiment la musique.

Hier, Nagui, vous avez lancé le flash info de midi à midi 4, mais votre statut de star du divertissement vous protégeant, il n’y a eu aucune sanction, vous avez le totem d’immunité de Koh Lanta dans la vraie vie, porte de Saint-Ouen, vous vendez aussi du shit sous les yeux des flics, qui disent « c’est bon, c’est Nagui ». Quant à ces pointes de vitesse à 140 sur le périph dans votre auto tunée, avec écrit en lettres d’or sur le pare-brise, « va fon culo Hidalgo », là aussi, ça passe crème, comme on dit chez Bridélice.

Et puis, pendant le flash, je raconte aux auditeurs, chacun vit sa petite vie, Daniel Morin va aux WC, puisque sa prostate, l’une des plus anciennes d’Europe, a une autonomie de 7 minutes 20. Les chroniqueurs discutent entre eux, Nagui, vous parlez avec les invités, et moi avec personne parce que je suis asocial.

Hier, donc, j’écoutais le flash d’Amélie Perrier, c’est pour éloigner Depardieu qu’on a pris une journaliste avec un nom comme ça. Elle cause de trucs sans importance, le NFP, Macron, Attal, puis à la fin, elle annonce la reformation du groupe britannique Oasis, que vous français, appelez Oasis, ce qui fait que Depardieu, vraiment, ne viendra plus.

Et là mon cœur fait un bond, je réponds « ferme ta gueule » à François Berléand, invité, qui me dit que j’ai un énorme talent, et je tends l’oreille. Oasis se reforme. Tournée mondiale en 2025, rien d’annoncé pour l’instant en France, par peur de leur prod de tomber le même soir d’une des représentations d’Un monde hostile, mon nouveau spectacle, qui démarre bientôt. Pour l’instant, il y a Cardiff, Manchester, Edinburgh, des bleds anglais qui puent le fish’n’chips de mauvaise qualité et les étudiantes en croptop alors que dehors il fait 4 degrés et qui se vomissent dessus.

Et là, alors que François Berléand ouvre la braguette de mon jean, en quête d’une façon bien trop boomer de me célébrer, je replonge dans mes souvenirs. 1993, j’ai 19 ans, mon aura… n’existe pas, comme tous les jeunes, j’écoute du grunge, une musique déstructurée jouée par des punks à chien qui ont le look qu’on aujourd’hui les humoristes de gauche. Quand arrive Oasis, avec des hymnes pop immédiats, les vieux, je me souviens, râlent, « oui, ça rassemble aux Beatles », et nous on pensait « bah ouais, mais ils sont séparés depuis 23 ans, donc excusez-nous de privilégier l’immédiateté », tout ressemble à tout en musique, à part M. Pokora où ça ressemble à rien. Ça s’appelait la britpop, il y avait Blur, les vieux disaient « ça ressemble aux Kinks », il y avait Suede, les vieux disaient « ça ressemble à Bowie », il y avait Pulp, Elastica, James, Sleeper, Gene, Menswear, Echobelly, et c’était cool, parce qu’on était jeunes, Daniel ressent la même chose quand il entend les chants de sa jeunesse, « Paris sera toujours Paris… » « I li I lo ».

Après, j’ai continué à suivre Oasis, j’ai acheté leurs derniers albums, que personne n’achetait plus, je les ai vus au Liberté à Rennes un soir où il y avait tellement pas un chat qu’ils avaient coupé la salle en deux avec un grand tissu noir, on avait cru à un featuring de Diam’s. Tout ça pour vous dire qu’on peut à un moment être sous-côté et le temps aidant, on peut devenir une légende, sauf pour François Bayrou où ça n’a jamais fait ça.

J’étais même au festival Rock en Seine en 2009 quand Oasis s’est séparé, en coulisses les frères Gallagher se sont battus, c’est marrant parce que moi en coulisses je mange plutôt des Pépitos, l’un a cassé la guitare de l’autre, dans le rock c’est très grave, ça revient à écraser sous son pied les cachets de Viagra de l’acteur Silvestro Rectum quand on est dans le porno. Un monsieur était venu sur scène dire qu’Oasis venait de se séparer, la foule a hué, en criant « fuck off », moi qui suis moins hardi, j’ai dit « ah, flûte », et le groupe Madness est venu jouer à la place, alors qu’il avait déjà joué l’après-midi, ils ont pris les premiers à dire oui, si Pierre Perret avait été dans le coin, il y aurait eu 20000 personnes en train d’énumérer toutes les formes de zizis existantes, ce qui moi qui suis hétérosexuel aurait pu pas mal me renseigner. Je souffre d’une grande méconnaissance sur le sujet, puisqu’en plus je ne fais pas de sports collectifs, les derniers vestiaires que j’ai connus, c’était en 6ème après l’EPS, mais ça compte pas, on était à peine formés.

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