Le bizutage du p’tit suisse
Bruno Peki parle de son expérience des fameux week-ends d’intimidati… euh, d’intégration !
Eh oui, me revoilà! Rappelez-vous : j’ai fait une première chronique en fin de saison dernière qui faisait office de test, puis j’ai attendu tout l’été pour savoir si j’allais obtenir le job ou si vous m’aviez Lucie Castétiser…
Mais c’est bon, enfin normalement, je fais officiellement partie de l’équipe, c’est donc l’arrivée du p’tit Suisse! Oui parce que j’ai découvert ça depuis que je suis en France, les p’tits suisses, vous savez ces petits yaourts dégueulasses… Ce qui est fou, c’est qu’en Suisse, on mange pas de p’tits suisses… parce que nous, on a ce qu’on appelle… du goût.
Non mais moi, en arrivant à Paris, je me suis demandé comment le peuple français voyait notre pays. J’ai goûté une cuillère de p’tit suisse et j’ai compris comment vous nous voyez… fade, sans goût et on est même obligé de rajouter quelque chose avec pour que ce soit bon.
C’est donc ça, votre fameux sens de l’accueil! Eh bah j’espère que vous n’organiserez jamais les JO.
En plus, j’ai découvert ce qu’était un p’tit suisse de la pire des manières : lors de mon premier date avec une Française. Je lui dis d’où je viens, elle me dit “ah c’est marrant mais je connais pas du tout ton pays… par contre j’adore les p’tits suisses…” Moi, j’ai pris ça comme une avance. Je lui ai répondu “c’est marrant parce que moi j’adore les p’tites Françaises!”
Autant vous dire que ce soir-là, le seul truc que j’ai retourné et démoulé, pour le coup, c’était un p’tit suisse…
Enfin bref, je suis content de revenir après deux mois et vous annoncer que : cet été… j’ai eu mon premier commentaire de facho! Oui parce que pendant les élections, j’ai fait un post sur les réseaux pour dénoncer la montée de l’extrême droite et dire qu’en tant qu’étranger, ça faisait peur… et un mec a commenté “Tu viens d’où? Retourne dans ton pays!”
J’ai répondu “Suisse”, il a écrit “Alors reste ici, et moi je retourne dans ton pays!”
En fait, pour l’extrême droite française, je suis pas un immigré, je suis un correspondant.
Et tant mieux parce que je compte bien rester ici, même si je dois avouer que j’étais stressé en venant à la maison de la radio… Ah bah aujourd’hui, c’est un peu ma rentrée des classes dans une nouvelle école… et croyez-moi, y’a des trucs qui se disent sur Monsieur Morin, olalala, j’espère qu’il est toujours radié de l’éducation nationale!
Non mais si je suis honnête, j’ai peur de la rentrée parce que la dernière fois que j’en ai fait une, je me suis fait bizuté… c’était dans une école de théâtre à Montréal.
Oui Montréal… comme la ville où partent les personnages du film des frères Larrieu! Ah bah mes camarades m’ont dit que c’était bien de faire une référence subtile à l’invité, SANS spoiler son œuvre, bon bah je pense que c’est réussi!
Alors dans cette école, le bizutage était simple : en gros, à la rentrée, tous les élèves ont fait croire aux nouveaux qu’ils étaient des gros connards et au bout d’une semaine, ils nous ont dit “c’était un bizutage, on est dans une école de théâtre donc on a joué des rôles pour vous accueillir!”
Oui bah heureusement que j’ai pas intégré une école de tir!
Évidemment, moi je ne cautionne pas cette démarche, donc la rentrée d’après je n’ai pas bizuté les nouveaux. Est-ce parce que j’ai un bon fond, ou simplement parce qu’à la fin de la première année je me suis fait virer pour harcèlement moral… bon, je pense que c’est pas la question!
Non mais sérieux, je trouve ça trop simple d’agir comme une merde et après te dédouaner en disant que c’était un bizutage…
C’est quoi la suite ? Macron qui fait une conférence de presse et qui dit “en fait, tout ça c’était un petit bizutage de 7 ans, je vous ai bien eu!”
Là, les journalistes demanderaient “ah donc vous allez nommer un gouvernement du NFP?” “mmh… j’ai eu 2 mandats donc j’ai le droit à 2 bizutages!”
Pour revenir aux bizutages de rentrée, parfois c’est trop extrême… surtout quand tu fais des études supérieures avec les fameux week-ends d’intimidati… euh, d’intégration !
